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Ces réflexions ont été écrites suite à notre participation au colloque "Paysages et qualité territoriale" organisé par le CAUE 11 ou nous avons assisté à des exposés très théoriques du paysage.

Le paysage et les éoliennes

Les paysages naturels aux formes de reliefs aléatoires façonnés par la tectonique et l'érosion trouvent l'harmonie dans la diversité des formes et de la nature de la couverture végétale. Notre perception du paysage dépend de notre culture personnelle et collective ainsi que de notre histoire.

Le paysage apparent a déjà été, sauf à de rares exceptions, largement modifié par l'homme. Le mode de vie, l'évolution de l'agriculture ont modifié beaucoup de paysages jusqu'à des cas extrêmes de modification du relief. De ce fait l'homme exerce une pression sur le paysage pour le façonner à son image, à son mode de vie, à sa culture ou à sa perception. Un paysage naturel (= peu modifié par l'homme) représente, l'harmonie des formes et des couleurs et la liberté d'accéder à cette même nature voir la possibilité de façonner ce paysage selon ses propres aspirations.

Dans le l'Aude et les Pyrénées-Orientales le paysage était par endroits très dénudé du fait de la densité d'occupation territoriale, depuis une cinquantaine d'années nous retrouvons un paysage plus équilibré ou la nature se réapproprie des parts de paysage. Une lande peut-être considérée comme un recul de l'agriculture ou un stade intermédiaire entre un paysage cultivé et maitrisé par l'homme, (voir maitrisé par la nécéssité de l'homme) et une foret. Dans aucun cas ce recul ne permet de qualifier ces lieux de "terrains vagues" !

 

Petit exercice de comparaison basé sur un photo-montage de la crête de Malabrac.


Mat immobile et tripales tournantes


Mat immobile


Si on représente dans un même paysage une éolienne et une cheminée d'usine, nombreuses seront les personnes trouvant l'éolienne belle et la cheminée d'usine laide. 

Pourtant les formes sont les mêmes avec des hélices en moins pour la chéminée ! 

Pourtant, si on considère seulement la structure, l'impact paysager de la cheminée d'usine est bien moindre par rapport à l'impact d'une éolienne.
Voyons nous la forme de la structure ou voyons nous ce que représente inconsciemment cette forme ?

Voyons nous la cheminée ou la fumée noire qui pourrai s'en échapper éventuellement ? De même pour l'éolienne voyons nous la structure ou l'énergie "propre" qui devrait logiquement être produite ?


La question pourrait aussi être posée pour le site de Salleles-Limousis où l'impact paysager des 10 éoliennes est devenu moindre depuis que 6 d'entre elles ont perdu partiellement ou totalement les pâles  et qu'il n'y en a plus que 3 en mouvement. Ce moindre impact est pourtant critiqué et mal accepté par les habitants de ce secteur qui qualifient ce site de friche industrielle !
Il est donc évident que l'appréciation visuelle est directement liée à l'utilité de la structure et que, si celle-ci n'a plus l'utilité initiale, la beauté subjective disparait et l'éolienne devient une machine industrielle, au même titre que la chéminée, dans le paysage.
Par ailleurs, l'ouvrier qui travaille à l'usine dont on voit la cheminée trouve-t-il cette cheminée laide ?

 

La comparaison est légèrement faussée du fait de la différence de couleur des 2 structures
(Photo CKSJELB 2004)


Photo cliquable

Ce petit comparatif nous démontre que la beauté d'une éolienne et la "laideur d'une chéminée d'usine sont liées à la qualité de la production que chacun lui attribue et à l'intérêt personnel qui s'y attache. Malgré ce que les promoteurs et leur paysagistes veulent nous faire croire, personne n'accepte ces structures gigantesques dans le paysage ou alors il faut accepter les deux. Finalement on peut imaginer que la cheminée représente la centrale (gaz ou fuel) qui doit produire l'énergie quand il n'y a pas de vent (cad environ 65 % du temps!).

Un paysagiste faisant abstraction des considérations économiques et financières dirait simplement : Malgré toutes les études et tentatives d'intégration et de modélisation théorique du paysage, il est impossible de concilier et d'intégrer de façon harmonieuse des structures aux formes rectilignes qui n'ont aucun équivalent dans un paysage naturel.

 

Convention Européenne du paysage : http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Treaties/Html/176.htm

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CKSJELB  mise en ligne le 22/10/2004
 RMJM (mise à jour du 31/10/2004)